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Gros plan sur une application

Rénovation du centre de Tri de Chania, en Crète

10 July 2016

Récemment rénové, le centre de tri de Chania en Crète atteint aujourd’hui des performances de tri sur déchets ménagers qui permettent d’envisager des alternatives aux concepts établis pour les collectes sélectives de certains flux.

Le centre de tri de Chania en Crète (Grèce) a été construit en 2005 pour traiter les déchets ménagers d’une population de 155 000 habitants et 80 000 touristes. Conçu pour trier d’une part les matériaux recyclables contenus dans les déchets ménagers avant compostage de ces dernières (70 000 t/an de déchets ménagers), et d’autre part les emballages collectés séparément (7000 t/an d’emballages), il est exploité par la société DEDISA.


Une capacité augmentée de 30 %

Devant l’accroissement des volumes de déchets à traiter et en vue de satisfaire les objectifs de recyclage européens, il a été décidé de rénover l’installation en 2013. Sa capacité a ainsi été portée à 90 000 t/an de déchets ménagers et 15 000 t/an d’emballages. Parallèlement, pour optimiser la récupération des matériaux avec des taux de récupération élevés et des degrés d’efficacité de tri et de pureté spécifiés pour chaque matériau, de nouveaux équipements hautes performances étaient nécessaires.

C’est ainsi que le processus de tri a été intégralement modifié. Il est désormais constitué en entrée de deux lignes de tri identiques, chacune composée d’un ouvreur de sacs puis d’un trommel éliminant dans un premier temps les gros éléments de plus de 250 mm, qui seront triés à la main et deferraillés, puis ceux de moins de 70 mm qui seront déferraillés et dirigés vers le traitement biologique. La fraction intermédiaire (70/250) est traitée par un premier tri optique qui envoie tous les plastiques (films et rigides) vers un séparateur balistique où ils sont séparés entre corps plats et corps creux, un deuxième tri optique envoie les papiers en mélange vers la chaine de tri manuel d’où seront retirés et triés les quelques indésirables.(voir fig. 2 et 3)

Après le tri balistique, les corps plats sont envoyés vers une troisième trieuse optique qui en extrait les films PE recyclables. Les corps creux sont quant à eux dirigés vers trois autres trieuses optiques qui en extraient successivement le PE, le PP et le PET. Les métaux ferreux et non ferreux sont ensuite retirés des refus de tri par un overband et une machine à courant de Foucault. (voir fig. 4)

Tri sur déchets ménagers ou tri sur emballages : des performances comparables

Compte tenu que le centre de tri traite six fois plus d’ordures ménagères que d’emballages issus de collectes sélectives, il est intéressant de noter que les ordures ménagères sont ici composées de 13 % de papier (hors carton) et 9 % de PET/PP/PE : c’est en effet dans ce flux que leurs quantités sont le plus importantes en valeur absolue. (voir fig. 5)

Si l’on compare les performances obtenues pour les différents matériaux sur les deux types de flux, on s’aperçoit que l’efficacité du tri est toujours supérieures à 91 %, mais presque toujours meilleure dans le flux d’ordures ménagères (jamais en dessous de 93 %), à l’exception du PP (93 % contre 94 % dans les emballages) et du PET (96 % contre 99 % dans les emballages). La pureté des flux triés est en revanche un peu meilleure dans le flux d’emballage, mais à l’exception des plastiques mélangés, la différence est à peine significative, jamais supérieure de plus de 3 %.

Ces excellents résultats permettent pour le moins de constater qu’il existe des alternatives performantes aux concepts traditionnels de collecte des déchets recyclables. En trouvant les bonnes pratiques (ou la bonne solution) pour la collecte de la fraction fermentescible, la porte est ouverte pour une valorisation maximum de la fraction sèche des OMR, surtout quand il est démontré que la qualité des matières triées par ces méthodes est au moins équivalente à celles qui sont issues des collectes sélectives.