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Collecte sélective : les habitants d’une cité HLM de Drancy font des économies grâce à leurs déchets !

TOMRA et la ville de Drancy ont décidé en 2014 d’unir leurs forces pour encourager le tri sélectif au niveau de l’habitat collectif. 

25 septembre 2016

Woman standing by TOMRA RVM

Ce rapprochement s’est concrétisé par l’installation d’un automate de tri qui accompagne au quotidien les locataires d’une cité, en les créditant de 10 centimes d’euros pour chaque emballage rapporté. Deux ans après, le concept est un vrai succès qui a permis la collecte de plus de 300 000 objets !

Qui n’a jamais douté en jetant un déchet dans sa poubelle ?

Avec cet automate de tri, plus de craintes à avoir, celui-ci n’accepte que les emballages recyclables. La collectivité est alors assurée d’augmenter les tonnages mais surtout d’améliorer la qualité des matériaux repris, en vue de leur recyclage futur.

Les locataires de la cité Paul Vaillant-Couturier s’identifient au moyen d’un code, ce qui a pour but d’enregistrer leurs dépôts sur leur compte personnel et de permettre ainsi à l’OPH de Drancy de les récompenser en début d’année. En effet, pour les inciter à trier, le bailleur les rétribue à hauteur de 10 centimes par objet déposé sous la forme d’une réduction des charges locatives annuelles, plafonnée à 50 €. Les trois familles les plus assidues du quartier voient quant à elles cette réduction portée à 100 € pour entretenir la compétition tout au long de l’année.

Il s’agit ici d’influer sur les mentalités et sur l’image que les résidents se font des déchets. A travers cette incitation financière, les habitants sont naturellement conduits à intégrer que ces déchets sont des ressources valorisables pour eux-mêmes comme pour la communauté.

De fait, l’effet recherché est bien au rendez-vous, comme en témoigne une résidente venue déposer 178 objets :« Depuis qu’il y a ce système, il n’y a plus de cochonneries par terre, et puis j’ai eu 50€ en moins sur ma quittance le mois dernier. »

Le dispositif a aussi eu pour résultat de mobiliser les résidents et de faire disparaître les déchets sauvages (bouteilles, canettes) des parties communes et des espaces verts.

On observe du reste que c’est l’ensemble des collectes sélectives sur le quartier qui ont ainsi été dynamisées, y compris le verre, les papiers, cartons et journaux-magazines, et pas seulement celles des déchets repris par l’automate,

Finalement, depuis le début de l’opération, 23 tonnes de matériaux recyclables ont été collectées, sur un territoire où auparavant seul le verre était concerné.

Le tri en Ile-de-France : un potentiel inexploité

Avec son vaste parc de logements collectifs et sa forte densité de population, l’Ile-de-France est en tête, avec la région PACA, du classement peu reluisant des régions de France où les performances de tri sont les plus basses. Selon l’ORDIF (Observatoire Régional des Déchets d’Ile-de-France), les tonnages d’ordures ménagères résiduelles sont en constante baisse depuis des années, mais le tri stagne. La marge de progression est pourtant importante puisqu’il reste encore près de 960 000 tonnes de déchets recyclables parmi les 3,5 millions de tonnes annuelles d’ordures ménagères franciliennes, autant de ressources qui seront incinérées au lieu d’être recyclées…

Le système actuel de collecte (bacs individuels ou bornes d’apport volontaire) permet en effet à la population de se débarrasser de ses déchets, mais il est loin d’être optimal : en France, seule 1 bouteille plastique sur 2 est recyclée !

Dans le contexte actuel de volonté de réduire les émissions de CO2, suite à la COP21, au Grenelle de l’environnement, voire depuis Kyoto en 1997, il est urgent de mettre en œuvre des solutions pour améliorer ces performances de recyclage. Comme on le voit à Drancy, ces solutions existent, et à plus grande échelle, l’Allemagne a réglé le problème depuis 2006 en consignant tous les emballages vendus sur son sol.

« Menons ensemble la révolution de la ressource. »